+33 1 75 44 68 90 contact@spinpart.fr

L’année 2017 marque la fin d’une première vague de démonstrateurs Smart Grids et l’heure des premiers bilans est enfin venue. SpinPart revient sur le panorama et les objectifs de ces démonstrateurs, et retrace dans ce premier volet les principaux constats. SpinPart présentera dans un second article les principaux enseignements ainsi que l’avenir de ces démonstrateurs.

Fondamentalement, le concept de Smart Grids traduit l’idée d’utiliser les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) pour rendre les réseaux d’énergie plus « intelligents ». Cette tendance est une réponse aux grandes problématiques que connait actuellement le secteur de l’énergie.

Si, historiquement, l’équilibre entre injection et soutirage était assuré uniquement par la régulation des moyens de production, l’intégration de sources locales d’énergie intermittente, l’émergence de nouveaux usages (véhicules électriques, autoproduction…) et les avancées technologiques actuelles (déploiement de smart meters, stockage d’électricité, IoT, Big Data) changent la donne.

L’enjeu est aujourd’hui d’avoir à disposition des leviers permettant d’adapter en continu la consommation à la capacité d’injection et à l’état des réseaux.

La progression des systèmes de stockage en termes de maturité technologique et économique permet d’apporter de la flexibilité à différentes mailles du réseau.

Les Smart Grids constituent une alternative à d’onéreux chantiers de renforcement du réseau, en apportant de la flexibilité pour optimiser l’utilisation des infrastructures. Par exemple, le pilotage de la demande ou Demand Response (DR) permet de différer la consommation dans le temps pour limiter les contraintes liées aux pics de consommation.

On parle d’effacement de consommation ou plus largement de la Maîtrise de la Demande en Énergie (MDE). Ce pilotage de la demande s’appuie entre autres sur une mesure précise et à pas de temps infra journaliers de l’énergie consommée via les compteurs communicants.

TRANSFORMATION DU SYSTÈME ÉLECTRIQUE : UN NOUVEL ÉCOSYSTÈME À CONSTRUIRE

Transformation du système électrique : un nouvel écosystème à construire

PANORAMA DES DÉMONSTRATEURS FRANÇAIS ET EUROPÉENS

A l’heure actuelle, la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) recense plus de 120 projets Smart Grids rien qu’en France et DOM-TOM(1&2). La plupart sont subventionnés par des organismes gouvernementaux, voire européens.
En France, l’ADEME, opérateur du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA), gère pour le compte de l’Etat 2,8 Md€ destinés au financement de projets innovants pour la transition écologique et énergétique sur différentes thématiques.
Depuis 2009, l’agence a contribué au financement de 20 démonstrateurs à hauteur de 100M€ pour un budget total de l’ordre de 330M€. Ces projets visent à développer de nouvelles solutions et à les tester à échelle et conditions d’usage réelles, en se concentrant particulièrement sur leur valorisation économique et leur appropriation sociale. Ce sont donc des projets « semi-industriels », réalisés par un consortium d’entreprises actrices du secteur.

Les premiers retours

En octobre dernier, l’ADEME a publié un premier bilan basé sur les retours d’expérience des 12 démonstrateurs les plus avancés(3). Il est à noter que nombre d’entre eux ont prolongé leur planning initial pour finir les études (ex : Solenn, Nice Grid, Smart Grid Vendée) et que l’ADEME n’a pas toujours collecté de réponses étayées ou éclairantes à ses questions. Certains démonstrateurs ont parfois réduit le périmètre d’études (moins de sites que prévu, échanges non automatisés avec les gestionnaires de réseau…) :

SYNTHÈSE DES RÉSULTATS DES PRINCIPAUX DÉMONSTRATEURS EN FRANCE

Ces premiers retours montrent l’aspect encore incomplet de certains démonstrateurs qui ne sont pas allés encore au bout des expérimentations et des objectifs de départ. Néanmoins, sur chaque volet étudié – MDE, Intégration des EnR, gestion des réseaux et définition des modèles d’affaires – le panorama global permet de disposer d’au moins un retour d’expérience.
Dans un second article, nous aborderons les principaux apports de ces projets ainsi que les suites des expérimentations à prévoir dans ce domaine.