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👉 Retrouvez notre minute de décryptage sur la thématique « Les défis des banques face aux régulateurs » Aujourd’hui, l’épisode #8 vous éclaire sur la conformité, gagner en maturité pour sortir de la contrainte :


La gestion des risques et les mises en conformité ont fortement contribué au changement du paysage bancaire : (re-)organisations coûteuses des structures, réduction des marges sur des produits devenus standards et industrialisés, arrivée de nouveaux services et acteurs dans l’écosystème bancaire.

Chaque mise en conformité peut être perçue comme une contrainte : d’une part, l’ajout des multiples contrôles vient alourdir le quotidien des équipes, d’autre part, les ajouts de règles ou de limites freinent les objectifs commerciaux ou la création de certains produits.

Cependant, dans un contexte très concurrentiel, où les banques sont vigilantes sur leur rentabilitéune gestion de qualité des risques et de la conformité pourrait être une opportunité de se différencier, voire de se positionner en leader.

De la contrainte à l’opportunité

Une transformation coûteuse

  • Au temps parfois long nécessaire pour comprendre et déployer une réglementation, s’ajoutent les coûts liés aux systèmes, à la duplication des processus et à la multitude d’intervenants mobilisés
  • Le déploiement de chaque nouvelle régulation est d’autant plus coûteux si le processus se répète, superposant les couches de contrôles, et si les organisations ne sont pas claires et ni comprises
  • Le renforcement du dispositif de contrôles et de la gouvernance (EBA-GL-2017-11) a contribué à la création de plusieurs fonctions de surveillance et de pilotage :
      • La fonction « conformité » a pour mission de centraliser et coordonner les sujets auprès de l’ensemble des acteurs, de s’assurer du cadre normatif et de superviser la production des livrables et reportings
      •  La mise en place des lignes de défense 2 et 3 est venue compléter le dispositif de contrôles internes effectués par les métiers (première ligne de défense)
      • La comitologie sur la gestion des risques s’est normalisée
  • Consciente du poids supporté par les institutions financières dans leurs livrables, l’ABE a notamment lancé en 2020 une étude pour comprendre et réduire les coûts de production des reportings, auprès des institutions financières

Un bouleversement des écosystèmes

  • Les exigences réglementaires reposent sur des critères de transparence, solvabilité, standardisation et se portent aussi bien sur les activités que sur les produits
  • Pour répondre à ces contraintes, les banques ont dû accélérer l’industrialisation de leurs traitements, les processus opérationnels et industrialiser leurs chaines de traitements.
  • Pour exemple, EMIR (European Market Infrastructure Regulation) a contribué à la création de nouvelles infrastructures de marché et à l’introduction de nouvelles plateformes de services (confirmations électroniques, repository…), alors que la loi Volcker a interdit les activités de trading en compte propre et limité le capital placé dans les fonds (par suite du scandale Goldman Sachs sur la spéculation des subprimes)
  • Sur les activités de financement, les contraintes en fonds propres et de liquidité ont conduit les banques à être plus sélectives sur les clients ou les activités financées

Une montée en maturité en marche

  • Faire de la conformité un élément de marque et de qualité pourrait devenir déterminant dans la confiance des clients, et devenir un atout pour renforcer la fidélisation
  • En effet, la fonction conformité a été créée dans l’urgence de la remédiation et elle est encore jeune dans les structures. Le nouvel enjeu pour les institutions est de maintenant pour elles de devenir pro-actives et d’être forces de proposition, sortir de l’urgence et de la remédiation pour fonctionner sur des solutions pérennes
  • Une compréhension combinée des enjeux métiers et risques/ conformité, et leur capacité à capitaliser sur des processus et des outils efficaces sur toutes les phases (déploiement, contrôle, surveillance, production) seront des atouts pour anticiper les exigences des régulateurs et y répondre plus rapidement
  • Au-delà de la convergence des visions et des moyens, il s’agit sur le terrain de gagner en maturité sur tous les axes de la chaine de valeur, afin de maitriser parfaitement la vision des risques et des clients

La montée en maturité de la conformité: les axes de réflexion

🖥️  OUTIL & TECHNOLOGIE

 

  • Travailler sur des outils communs, centralisés et ludiques, afin de faciliter :
    • La compréhension des éléments clés : cartographie, identification, visualisation
    • L’analyse des problématiques : savoir anticiper certains comportements et optimiser la gestion des alertes
    • L’exploitation des données: les rendre fiables et de qualité, malgré la multitude des sources d’informations
  • Les nouvelles technologies (Big datas, machine learning et IA…) peuvent aider à répondre à ces besoins tout en optimisant la maitrise des coûts

⚙️ INDUSTRIALISATION

 

  • Industrialiser la fonction Conformité exige de standardiser les procédures et les démarches, notamment par :
    • La normalisation de la cartographie des risques et leurs indicateurs
    • La compréhension de la structure des coûts et de l’allocation des ressources
    • L’optimisation des enjeux et des coûts par des initiatives d’externalisation, mutualisation de plateformes ou autres

🤝 GOUVERNANCE

 

  • Développer un  partenariat poussé entre les métiers et la conformité, avec des échanges favorisant la compréhension des enjeux est une première étape pour responsabiliser les parties prenantes.
  • Clarifier les rôles et responsabilités entre les différentes fonctions est un moyen de fluidifier les interactions et la communication
  • Clarifier les processus de décision et d’arbitrage pour accélérer les actions de transformation à mener

🔎 ORGANISATION

 

  • Allier des compétences croisées sur les métiers, le juridique, l’organisation et en gestion de projet, pour concilier les niveaux de détails opérationnels et l’exhaustivité des problématiques
  • Créer des plans de carrières : intégrer des formations et des certifications dans les parcours des collaborateurs, créer des communautés d’experts, … sont autant de moyens pour élargir les compétences et les pratiques
  • Transformer les organisations vers des structures plus horizontales pour favoriser l’acculturation de la conformité à travers les différents métiers, et responsabiliser davantage l’ensemble des collaborateurs