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Ces dernières semaines, l’épidémie du COVID-19 a mis à rude épreuve les entreprises. Globalement, la chute d’activité est vertigineuse pour les secteurs de l’industrie. En avril, les entreprises tournaient en moyenne à mi-régime, selon le baromètre des capacités industrielles et logistiques de l’ASLOG. Certains secteurs sont même qualifiés de « sinistrés » ; l’automobile a perdu près de 80 % de son volume d’activité. Seules quelques industries sur des produits de première nécessité tirent leur épingle du jeu, comme l’agroalimentaire ou les industries pharmaceutiques, qui restent à 70 voire 80% de leur capacité. Ce choc brutal est sans précédent. Dans ce contexte, les entreprises ont su parer au plus pressé en mode crise. Mais pour les semaines à venir, à quoi s’attendre et comment redémarrer efficacement l’activité ?

Un futur composé de nombreuses incertitudes pour les entreprises

Le futur proche va induire pour les entreprises des fluctuations de charge, liées au déconfinement voire au reconfinement possible, telles une réplique à laquelle s’attendre suite à la secousse principale d’un séisme. La période à venir est donc peu prévisible. En effet, de nombreuses incertitudes sur la phase de déconfinement existent. Chaque entreprise devra opérer des ajustements voire des transformations pour s’adapter à une séquence socio-économique inédite. Parmi les nombreux points à traiter, se pose notamment la question de l’adaptation de la capacité des moyens de production, dans un contexte de crise sanitaire. Comment compenser les pertes liées à la mise en place des « gestes barrières » ? Comment accroître rapidement la capacité des moyens de production, pour répondre à certaines demandes en forte croissance pour cause de rattrapage, voire pour constituer des stocks afin d’anticiper des arrêts possibles dus à un futur reconfinement. Comment flexibiliser les moyens de production, pour être capable de s’adapter à une demande fluctuante à cause d’une versatilité accrue de la part du client ?

A court terme, osez le pilotage agile de vos capacités pour redémarrer efficacement

Face à ce contexte inédit, nous pensons que la phase actuelle peut être l’opportunité de réaliser des actions de progrès à court-terme en mode « chantier de percée » portant d’une part sur le mode de pilotage de l’adéquation charge/capacité, et d’une autre part sur l’ajustement capacitaire.

En effet, concernant le mode de pilotage de l’adéquation charge/capacité, des actions concrètes sont incontournables pour tendre vers plus d’agilité de manière pérenne. Le Plan Industriel & Commercial (ou Sales & Operation Planning) devrait donc être révisé pour passer d’un rythme mensuel à un rythme hebdomadaire. Une nouvelle digitalisation (de type systèmes DDMRP) en complément de la suite classique E.R.P.+A.P.S*, permettrait de limiter les efforts de collecte, d’assembler les données et in fine d’être un véritable support d’aide à une prise de décision accélérée.A défaut, les paramétrages de l’E.R.P devraient être revus pour intégrer les nouvelles données du marché.

Dans le prolongement, un regard transverse sur les flux de transformations devrait viser à mettre clairement en avant les capacités « sous tension » à augmenter ou à flexibiliser. Chaque moyen (équipements, profils de main d’œuvre) serait classé selon le risque de contrainte d’adéquation charge/capacité, selon la fluctuation de la demande. Alors, à un niveau plus opérationnel, le principe du pilotage par le goulet (ou TOC / Therory Of Constraints selon E. Goldratt) pourrait être appliqué de manière stricte, voire modernisé par l’application du DDMRP (Demand Driven Material Requirements Planning).

Les méthodes éprouvées de l’Excellence Opérationnelle en mode accéléré

Concernant les capacités critiques, un plan de progrès court terme pourrait viser à optimiser leur taux d’utilisation, leur taux d’efficience ainsi que les temps de changement de fabrication. Alors les méthodes éprouvées de l’Excellence Opérationnelle pourraient être mise en place en mode accéléré. En effet, il est possible de gagner 10 % de capacité en 3 mois en appliquant drastiquement des méthodes de fiabilisation de type « MAXER » pour tuer les causes racines.

Il est, par exemple, facile de mettre en place une équipe de nuit pour quelques semaines à condition d’avoir appliqué en amont les fondamentaux de la méthode « ACE » (Amélioration de la Conduite d’Equipement), qui vise entre autres à segmenter et visualiser les réglages possibles selon le profil des intervenants. Les « leçons en un point » pour partager les bonnes pratiques et les tableaux visuels « Kamashibaï » de mise sous contrôle de la bonne application des standards peuvent clairement faciliter l’intégration des nouveaux opérateurs en limitant les risques de dérive.

En résumé, la crise sanitaire du COVID-19 a déstabilisé toute notre économie. Dans ce nouveau contexte, il est primordial de se réinventer pour passer d’un mode de gestion de crise à un mode de pilotage agile s’adaptant à une demande imprévisible. C’est le défi auquel chaque entreprise va devoir faire face, ces prochaines semaines. Aussi, impliquer les collaborateurs sur des sujets à enjeux forts, mettre les forces créatives au service d’actions de progrès à court terme seront sources de mobilisation pour construire le monde de demain.

* ERP = Enterprise Ressource Planning / APS = Advanced Planning System