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Les principales banques françaises ont publié des résultats, au premier trimestre 2020, fortement impactés par l’explosion du coût du risque.


 

Source : rapport des banques sur les résultats T1 2019 & T1 2020

Le coût du risque indiqué dans le tableau ci-dessus représente le poids des provisions liées au risque de défaut de paiement sur l’exposition des banques. Cette envolée reflète donc une hausse des risques futurs attendus, car les normes comptables IFR9 ont imposé le provisionnement des pertes attendues dès l’octroi de crédit, en plus de la normalisation du suivi des créances par bucket*.

Mais s’arrêter sur la comptabilisation de la provision est une analyse incomplète, car l’évaluation des risques est en réalité plus complexe. Sur le plan prudentiel bâlois, il s’agit avant tout d’évaluer la solidité financière des banques, par le pilotage des principales mesures suivantes :

  • Au niveau de la solvabilité : le ratio CET1 (Common Equity Tier 1) intègre les exigences sur les piliers 1 et 2 et les différents coussins de réserves (de conservation, contracyclique, systémique et déficit de fonds propres) ainsi qu’une réserve supplémentaire. Ces réserves constituent alors la capacité des banques à faire face à leurs engagements et absorber les pertes
  • Au niveau de la liquidité : les réserves immédiates de liquidité traduisent la capacité des banques à mobiliser le cash rapidement (notamment grâce au soutien de la BCE), alors que les ratios de liquidité LCR (Liquidity Coverage Ratio) ou NSFR (Net stable Funding Ratio) mesurent la capacité des banques à pallier les crises de liquidité à court ou long terme

Au regard de ces éléments, alors que le coût du risque explose, les banques ont démontré jusqu’ici leur solidité en conservant des ratios de CET 1 stables, avec des réserves de liquidités immédiates importantes et des ratios largement supérieurs aux exigences réglementaires.

Source : rapport des banques sur les résultats T1 2019 & T1 2020

Alors que la BCE sonne l’alerte sur une éventuelle crise financière à venir (rapport sur la stabilité financière du 26 Mai 2020**), quelle sera la capacité des banques françaises à maintenir ce cap ? Tout l’enjeu pour les banques sera alors d’œuvrer pour que les provisions ne deviennent pas des pertes réelles. La détection des signaux avant-coureurs est la clé pour un bon pilotage des risques, encore faut-il avoir les bons outils d’analyse, les bonnes données et un processus fiable.

Le cabinet de conseil SpinPart vous accompagne dans cette transformation et dans l’optimisation de votre gestion des risques.

 

*   Bucket 1 = encours sains ; Bucket 2 = encours sensibles ; Bucket 3 = encours non performants
** https://www.ecb.europa.eu/press/pr/date/2020/html/ecb.pr200526~cbbd04bd5d.en.html